Le 13 juillet 1965, la loi réformant les régimes matrimoniaux était promulguée. Grâce à cette loi les femmes ont atteint la majorité économique : des millions de Françaises ont pu accéder à l’autonomie, en exerçant pour la première fois un travail rémunéré sans l’accord de leur mari et en obtenant la possibilité d’ouvrir un compte en banque en leur nom propre ! 50 ans plus tard, Osez le féminisme ! tient toutefois à rappeler que cette indépendance économique, conquise de haute lutte, n’est toujours pas synonyme d’égalité.

Les femmes, premières victimes des violences économiques

Aujourd’hui, en France, les femmes gagnent toujours 27% de moins que les hommes. Dans les couples, ce sont les femmes qui continuent de sacrifier leurs carrières professionnelles pour s’occuper des enfants ou effectuer des tâches domestiques. 80% des temps partiels sont exercés par des femmes, fragilisant d’autant plus leur situation. Les femmes représentent par ailleurs 85% des parents des familles mono-parentales, foyers les plus précaires. Enfin, elles constituent 70% des travailleur-se-s pauvres, et restent donc encore et toujours prisonnières d’un corset économique, véritable étau qui perpétue les inégalités et empêche toute perspective de suppression de la domination des hommes sur les femmes. Ces inégalités se retrouvent à la retraite : les femmes perçoivent en moyenne une pension inférieure de 42 % à celle des hommes et 2 retraités pauvres sur 3 sont des femmes.

Un droit à l’égalité qui reste encore à conquérir

Malgré l’arsenal législatif dont dispose la France en matière d’égalité femmes-hommes, force est de constater que l’absence de véritable volonté politique et de moyens humains et financiers pour faire appliquer les lois empêche une amélioration réelle de la situation des femmes.

Pire, avec la récente réforme de François Rebsamen sur le dialogue social, le gouvernement est tout simplement revenu sur plus de 30 ans d’égalité professionnelle, en supprimant des outils indispensables (temps spécifique de négociations dédié et annuel, document unique des entreprises sur leur bilan en matière d’égalité professionnelle) dans la mise en oeuvre de changements profonds au sein même du monde du travail.

50 ans après une loi prémisse d’un accès à l’autonomie financière des femmes, Osez le féminisme ! souhaite qu’au-delà de la célébration d’un événement majeur pour les droits des femmes, le gouvernement se saisisse de cette date anniversaire pour amorcer la mise en place d’un grand chantier d’actions sur la situation économique des femmes dans les plus brefs délais.

Le constat sans appel d’un carcan économique, véritable prison pour les femmes, nous incite à continuer le combat ! Jusqu’à ce que tombe le corset économique.

On parle de nous :

Boursorama « L’égalité hommes-femmes reste à conquérir »

L’Express 50 ans après la loi de 1965, le droit à l’égalité « reste à conquérir »

Elle Il y a 50 ans, les femmes pouvaient enfin travailler sans l’accord de leur mari

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