J’ai adhéré à Osez le féminisme ! en 2011, quelques mois après être entrée dans la vie professionnelle. J’étais épuisée par l’énergie dépensée à me cacher la réalité (ma réalité en tout cas) d’un monde où être une femme apparaissait comme « un relatif désavantage» (relatif par rapport à d’autres pays où c’est un désavantage bien plus grand).

En parallèle de mon travail de sage-femme, j’étais inscrite en master (Santé population et politique sociale), à l’EHESS. Que ce soit dans mon milieu professionnel, ou lors de séminaires en rapport avec ce master, j’avais l’impression d’étouffer. En salle de naissance, deux couleurs sont incontournables : le rose et le bleu, mon malaise venait de leur caractère non interchangeable. Dans les conversations, je m’horrifiais de ce genre de propos « mon ménage, mon repassage » (inutile que je vous précise le sexe de l’interlocu…trice). Certains livres me laissaient incrédule, par exemple, un ouvrage sur les inégalités de santé, étudiées en fonction des catégories socio-professionnelles précisant dans sa conclusion : « que pour les femmes tout ce qui était exposé et étudié ne semblait pas s’appliquer » (finalement la moitié de l’humanité n’intéressait pas l’auteur). Mon malaise allait jusqu’au désarroi lorsque dans les discussions « amicales » mon avis, mon raisonnement, était tenu pour moindre par rapport à celui d’un homme.

Un jour, j’ai eu peur que mon sens de l’humour ne m’abandonne, c’est à ce moment-là que j’ai rejoint Osez le féminisme ! Mon engagement militant, par le passé, s’était plutôt orienté vers des associations comme l’entraide scolaire ou encore les Bibliothèques de rue. Mais cette fois, il me concerne directement. Désormais, grâce à Osez le féminisme, je sais que je ne suis pas seule.

Osez le féminisme ! par sa capacité d’action, sa capacité à sensibiliser, à éduquer aussi bien sur la sexualité féminine (campagne Osez le clito) ou encore les féminicides (le meurtre d’une femme en raison du machisme) me paraît être une organisation pertinente. Elle est même nécessaire pour interpeller les personnes qui se demandent à quoi sert le féminisme aujourd’hui ou encore ceux et celles qui s’écrient « Ah non, moi je ne suis pas féministe !» et perçoive le féminisme comme un extrémisme.

Quant à moi, je perçois le féminisme, comme une transition dont je ne verrai pas l’aboutissement. Une transition constituée de combats quotidiens au service d’un idéal d’égalité, voire même d’un monde idéal où l’individu ne se définirait pas en fonction de son sexe.

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